La psychologie

Avant la maladie, si vous m’aviez dit d’aller voir un psychologue, je vous aurais répondu: Je vais très bien, je n’en ai pas besoin! Je gèèèère!

En fait, on ne gère pas si bien que ça! Avoir un cancer, ça bouscule! Pourquoi j’ai cette maladie? Pourquoi moi? Qu’est ce que j’ai fait pour mériter ça? Est ce que je vais guérir? Est ce que je vais mourir? et combien d’autres questions qui nous « prennent la tête » le jour et souvent la nuit….

Ces questionnements font remonter toutes nos émotions bien enfouies. On se veut forte mais au fond de nous, il y a toujours une fragilité que la maladie va faire ressortir à plus ou moins long terme. J’ai rencontré une jeune femme qui a craqué au bout de 3 ans et qui m’a avoué qu’elle aurait du se prendre en charge bien plus tôt!

Si on est bien entouré, on pense que nos êtres chers vont nous aider. C’est FAUX: on ne veut pas les angoisser et leur faire porter notre charge émotionnelle, ils ont des maladresses qui peuvent être blessantes malgré tout leur amour, et surtout, ils ne sont pas formés pour tout entendre et pour libérer votre parole. Je vous garantis que vous aurez beaucoup d’émotions, que vous les garderez pour vous et que vous ne pourrez vraiment partager tout votre ressenti qu’avec une personne ayant déjà traversé la maladie ou un professionnel de la psychologie.

Rencontrer un psychologue

J’ai décidé de rencontrer un psychologue dès l’annonce de la maladie parce qu’une petite voix intérieure me disait qu’il fallait partager mes angoisses. Ma tête me disait, elle, que je n’aurai rien à dire. Quelle surprise que ma parole se libère peu à peu et que quelqu’un entende mes angoisses, me rassure, m’aide à les exprimer et donc à les apprivoiser! J’ai traversé tous les soins en libérant les émotions qui remontaient peu à peu. J’ai même continué les séances après les soins: j’ai ainsi pu exprimer tout ce que la maladie a déclenché au plus profond de moi, et nous sommes allés parfois sur des terrains bien éloignés qui m’ont permis de me (re)construire.

En conséquence, il ne faut pas hésiter à aller voir un psychologue! Il va vous aider, c’est son métier.

Les services d’oncologie ont toujours un service d’aide psychologique associé. Les séances sont prises en charge par l’hôpital. Demandez au personnel soignant de vous mettre en rapport. Les psychologues sont formés à l’écoute des patients malades, ils sauront désamorcer vos émotions, vous aider, vous guider.

Si le service d’aide psychologique de l’hôpital est débordé et ne peut vous proposer une rencontre rapidement, vous pouvez aussi vous tourner vers la ligue contre le cancer. La ligue contre le cancer 33 peut vous accompagner, soit dans ses locaux, soit à domicile via le service « dom’apaiseo« .